Activité

1er juin 2018

L’Ensamble Moxos est de retour au printemps 2018 !

La musique baroque de réductions jésuites retraverse l’océan avec «Pasión Moxos»

 un concert​ spectacle​ de musique baroque :

« Pasión Moxos »​ , c’est aussi le titre de la 6e œuvre discographique de l’Ensamble Moxos

La « passion », c’est à la fois le sermon sur les tourments et la mort de Jésus Christ, prêché les Jeudi et Vendredi Saints, la partie des quatre évangiles qui raconte ces événements dramatiques, et l’émotion aiguë qui pousse chacun à embrasser avec intensité une part de son existence. Ces deux significations font sens dans le titre de la sixième œuvre discographique de l’ensemble : Pasión Moxos.

Si l’on veut caractériser brièvement L’Ensamble Moxos, on retiendra ces trois mots : recherche, créativité et qualité de ses interprétations. Ses objectifs sont clairs et poursuivis avec passion par ses membres.

L’Ensamble Moxos œuvre à la transmission du plus grand nombre possible d’œuvres appartenant aux Archives Missionnaires de Moxos et Chiquitos, les deux régions de l’actuelle Bolivie où les jésuites fondèrent les ‘réductions’ de l’époque coloniale. Pour ce faire, un travail de recherche est effectué sur le terrain. Ainsi Les partitions de La passion de notre Seigneur Jésus Christ, qui avaient été éditées de manière incomplète il y a quelques années, sont complétées aujourd’hui grâce aux recherches de terrain effectuées depuis plus d’une décennie par Raquel Maldonado et Toño Puerta.

L’Ensamble Moxos contribue à la sauvegarde de la tradition orale de cette fascinante région qu’est l’Amazonie bolivienne.  Ainsi, l’Ensamble a recueilli, pour ce disque, le Carnavalito et le Verso a San Antonio dans la région du Territorio Indígena Parque Nacional Isiboro Sécure (TIPNIS) à la faveur des cours donnés par ses professeurs aux musiciens traditionnels de la région. C’est une relation de réciprocité qui s’établit alors, au sein de laquelle sont partagées connaissances académiques d’une part et d’autre part, spiritualité et musique locales. Les deux pièces sélectionnées pour cet enregistrement sont le fruit du patrimoine oral moxos et de la veine créative de l’Ensamble, car elles permettent l’improvisation et la spontanéité de chaque musicien.

Par son enthousiasme, l’Ensamble Moxos est devenu un des ensembles les plus prolifiques de Bolivie – tous genres confondus – et a atteint la plus grande expertise dans le domaine spécifique de la musique ancienne. L’Ensamble n’utilise actuellement que des instruments d’époque.

Sans pouvoir être exhaustif, d’autres œuvres constituent ce 6e opus, dont

  • un chant pénitentiel, Dulce Jesús mío, qui est une suite de vers solistes qui alternent avec une ritournelle chorale sur une même ligne mélodique ;
  • la Misa Mo Domingo, attribuée à Giovanni Battista Bassani, qui est le cinquième enregistrement par l’Ensamble Moxos à ce jour. Y sont ajoutés cette fois les ‘bajones’ (grandes flûtes de pan) pour la ligne du continuo – non parce que la partition le demanderait, mais comme revendication de l’instrument natif moxos par excellence au sein de l’orchestre baroque. C’est ainsi qu’il a survécu jusqu’à nos jours dans l’église de San Ignacio ;
  • La Sonate VIII, issue des Archives missionnaires de Chiquitos, complète la partie du répertoire basée sur la culture musicale écrite.

Sans passion, la directrice et les dix enseignants qui ont participé à cet enregistrement n’auraient pas réussi à former des années durant les douze élèves qui les accompagnent sur le disque. C’est la même passion qui les encourage à entreprendre des marathons de tournées internationales grâce auxquels, de scène en scène, d’église en église, ils recueillent les fonds nécessaires pour former les musiciens et soutenir leur projet de sauvegarde de l’identité du peuple indigène moxos.

 

MOXOSEnsamble saliendo laguna